Volume 2, numéro 4-5 JUILLET - AOÛT 1998
 
 

ƒditorial

Toujours vivant, le Toit du monde regarde en avant !

Louis McComber

Selon les compilations de notre Webmestre, Stéphane Cloutier, près de 2000 visites ont été enregistrées sur notre site en moins d'un an d'opération. D'après les noms de domaine de ceux qui contactent notre serveur, 25% des visites proviennent d'Iqaluit, près de 8% nous viennent de l'Université Laval. Dans des proportions moindres, nous sommes lus dans des bureaux du gouvernement canadien et quelques-uns de nos lecteurs viennent de France, des États-Unis... même de la Chine !

Projet expérimental mensuel, notre publication virtuelle a bien sauté un mois par-ci par-là ! Ni deux peines d'amour, pas plus qu'une année de scolarité à l'Université Laval, ni même l'éternel tiraillage avec la Fédération franco-ténoise de Yellowknife pour avoir accès à notre part de financement n'ont réussi à nous paralyser complètement ! Nous nous excusons auprès des personnes qui de temps en temps aiment bien venir consulter notre site.

L'equipe du Toit du Monde, aux dernières nouvelles, est toujours sur les rails !

Bien davantage, l'exercice nous a convaincus de pousser plus loin l'expérience. Nous sommes parfaitement conscients qu'à cause de circonstances historiques particulières, décrites dans nos chroniques sur le Nunavut, l'anglais s'impose ici de plus en plus comme langue prédominante relèguant à chaque jour un peu plus les langues inuit et le français à un usage folklorique ou marginal.

Ne serait-ce de nos timides efforts, de la traduction obligée des documents fédéraux officiels, des publications nordiques de l'Université Laval, le français serait complètement absent de la vie intellectuelle de l'Arctique. "Ça n'a aucune importance!", semblent dire plusieurs intervenants francophones qui dépendent de tractations quotidiennes avec le monde anglophone unilingue pour leur survie : simples travailleurs, industriels, commerçants, chercheurs... nous ne partageons pas cette façon de voir.

Très peu de textes en français traitent de la réalité arctique. On pourrait même ajouter que très peu de médias francophones au Canada semblent s'intéresser aux multiples facettes de la vie circumpolaire. Pourtant, est-ce que la création du Nunavut ne devrait pas susciter le même engouement chez les francophones de l'Est du pays que le développement de la vallée du Mackenzie en crée en Alberta ?

À ce qu'on sache, il y a toujours deux langues officielles au Canada. Et pourtant, le développement des infrastructures gouvernementales au Nunavut se déroule comme si le Canada était un pays unilingue anglophone.

Bien que beaucoup de francophones vivent maintenant à Iqaluit et encore plus dans toute la région du Nouveau-Québec de l'autre côté du détroit d'Hudson, le français a une côte abrupte à remonter pour faire sentir sa présence dans le monde circumpolaire.

Dans la mise sur pied du Toit du monde, ces considérations plus générales sur l'état des langues officielles du Canada au Nord s'articulent sur des circonstances géopolitiques particulières.

L'idée du mensuel virtuel a d'abord germé dans la tête de Daniel Cuerrier qui envisageait depuis un bout de temps déjà les conséquences de la division des actuels Territoires du Nord-Ouest : tôt ou tard le mouvement associatif francophone devrait se modeler sur cette division.

Eventuellement, ça voudrait dire que le journal l'Aquilon, l'organe officiel de la francophonie ténoise, devrait être lui-aussi partagé en deux au moment de la répartition des actifs de la Fédération franco-ténoise, au 1er avril 1999. En clair, cela signifie que les francophones du Nunavut auront à s'inventer un nouveau média écrit.

Notre brève expérience virtuelle des derniers mois est une tentative en ce sens. Quelle forme prendra la nouvelle publication francophone de l'Arctique de l'Est ?

Établir des liens avec le Nouveau-Québec s'impose comme une évidence. Là aussi, se développe une communauté francophone importante en pays inuit.

Voilà donc à peu près où nous en sommes dans nos réalisations et réflexions : le mensuel virtuel est là pour rester. Il commence même à s'y agglutiner une petite équipe de production qu'on retrouve d'un numéro à l'autre. Que des gars pour le moment ! Stéphane Cloutier à la plume et à l'ordinateur, Stéphane Kolb et Louis Mc Comber à la plume seulement et Daniel Cuerrier de l'Association des francophones du Nunavut parfois à la plume mais surtout à la stratégie et à la gestion !

Ami(e)s lecteurs et lectrices, nous vous invitons à vous joindre à l'aventure. Faites- nous part de vos commentaires, suggérez-nous des orientations, informez-nous de sources de financement disponibles, mais surtout faîtes connaître notre site dans votre entourage !

Nous avons tout à gagner à affirmer le caractère distinct du Canada dans le monde circumpolaire !


précédent

Le Toit du Monde
Éditorial
Chronique Nunavut
Dossier : Environnement
Le Cyberarctique
Dossier de presse
 
Nouvelles en bref
 
Capital News
T'es-tu revenu pour de bon ?

suivant


 

 Débatez de la question !!!

Forum de discussion sur le toit du monde...

La Piste amerindienne


Réalisation et conception graphique : Stéphane Cloutier
Tous droits réservés 1997-1998