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Célébrations du 1er Avril

Célébrations


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Un texte de Virginie Auger
(Journal l'Aquilon, Yellowknife)
http://users.internorth.com/~aquilon

L'Ouest après la division

Les Inuit de l'Ouest ont d'autres
priorités

Avec la création du Nunavut, 20 000 Inuit ont confirmé leurs droits de propriété sur une portion des terres de ce vaste territoire ainsi que leur autonomie gouvernementale. Toutefois, à l'ouest des territoires habitent quelque 2 800 Inuit qui négocient aussi la possibilité de pouvoir un jour diriger leur propre gouvernement. Pourquoi ont-ils choisi de faire cavalier seul dans cette lutte à l'autodétermination?

Devant la création du Nunavut qui octroie aux Inuit leur droit de propriété sur une portion du territoire ainsi que leur autonomie gouvernementale, les Inuvialuit, c'est-à-dire les Inuit qui peuplent les régions du Nunakput et du delta du Mackenzie, réagissent plutôt discrètement.

Exprimé ainsi, on sous-entend qu'ils auraient dû, ou pu, démontrer un soupçon de jalousie ou de frustration puisqu'ils revendiquent, eux aussi, leur droit à l'autodétermination gouvernementale.

"Le sentiment des Inuvialuit est confus puisqu'ils ne revendiquent pas tout-à-fait le même type d'autonomie gouvernementale que les Inuit du Nunavut. En fait, ce qu'ils souhaitent c'est obtenir plus de pouvoirs à l'intérieur d'un gouvernement régional fort qui agira de concert avec le gouvernement central", explique Bob Simpson qui représente les Inuvialuit au sein de la Direction des négociations d'autonomie gouvernementale.

Avec un tel type de gouvernement, les Inuvialuit maximiseraient leur pouvoir législatif, contrôleraient les programmes et services majeurs, et enfin, prélèveraient les impôts fonciers sur la partie des terres qui leur appartient.

"D'ici l'an prochain, les Inuvialuit devraient signer une entente de principe sur l'autonomie gouvernementale en partenariat avec les Gwich'in et les Métis de la région. C'est donc d'ici 2 à 3 ans que l'établissement d'un gouvernement régional devrait se concrétiser", souligne M. Simpson.

"C'est en majeure partie pour des raisons géographiques que les Inuvialuit ont choisi de s'associer aux Gwich'in et aux Métis du delta du Mackenzie plutôt qu'aux Inuit du Nunavut", indique une représentante des Affaires indiennes et du Nord canadien, Sue Enge.

L'histoire entre les Inuit de l'est et de l'ouest remonte au début des années soixante-dix, alors que l'industrie gazéifère et pétrolifère était en pleine expansion dans le delta du Mackenzie. À cette époque, la question à savoir si les Inuvialuit devaient se joindre, ou non, aux revendications territoriales menées par les Inuit du Nunavut, se posa.

"C'est la pression exercée par les compagnies de gaz et de pétrole qui força les Inuvialuit à accélérer la négociation de leurs revendications territoriales indépendamment de celle du Nunavut", ajoute M. Simpson.

Ainsi, en 1984, les Inuvialuit ont signé la convention définitive réglant leurs revendications territoriales. Cette convention leur donne des titres de propriété absolue sur une surface de 7 000 km2 avec la liberté de choisir leurs terres dans les régions qui se trouvent à proximité des collectivités inuvialuit. Au total, ils ont obtenu des droits sur près de 56 000 km2.

Aussi, la convention prévoit une indemnisation de 45 millions de dollars versée à la Société régionale inuvialuit. Ce montant doit favoriser la participation des Inuvialuit à l'économie du Nord canadien et leur intégration à la société canadienne grâce à un niveau satisfaisant d'autosuffisance économique.

En l'an 2000, le gouvernement fédéral et les Inuvialuit se réuniront afin d'évaluer si ces objectifs ont été atteints. Si c'est le cas, la responsabilité du fédéral envers les Inuvialuit cessera dès le 1er janvier 2001. Toutefois, une évaluation quinquennale sera tout de même effectuée par la suite.

Bien qu'ils ne soient pas citoyens du Nunavut, les Inuvialuit renouent tout de même avec leurs racines inuit en restant actifs à l'intérieur de la Conférence inuit circumpolaire qui regroupe l'ensemble des 250 000 Inuit de la planète.

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Un texte de Virginie Auger (Journal l'Aquilon, Yellowknife)
http://users.internorth.com/~aquilon

Gouvernements autochtones totalement autonomes? "Pas sérieux", affirme Jean Chrétien

Avec la création du Nunavut, tout porte à croire que le gouvernement fédéral démontrera désormais une plus grande ouverture d'esprit à l'égard des différents groupes autochtones du pays.

Qu'en est-il de la situation à l'ouest des territoires?

L'autonomie gouvernementale des nations autochtones des Territoires du Nord-Ouest n'est pas chose faite si on en croit la récente déclaration du premier ministre, Jean Chrétien, lors d'une conférence de presse tenue à Iqaluit durant la semaine des festivités qui ont marqué la création du Nunavut.

"Je ne pense pas que ce soit une question sérieuse à ce moment-ci. Je crois que Yellowknife peut très bien faire seule toute l'administration de la vallée du Mackenzie", a expliqué à L'Aquilon le premier ministre, Jean Chrétien.

Un chef de la nation dénée du Deh Cho, Tim Lennie, ne semble pas, quant à lui, étonné d'une telle attitude de la part du premier ministre.

"M. Chrétien a encore la mentalité des temps anciens alors qu'on souhaitait assimiler les autochtones sans leur donner la chance de bâtir leur propre gouvernement", explique-t-il.

Ce ne sont toutefois pas toutes les huit nations autochtones de l'ouest qui revendiquent une autonomie gouvernementale à l'image de celle du Nunavut.

Par contre, la nation dénée du Deh Cho fait partie de celles qui négocient l'obtention d'un gouvernement autonome qui dirigerait son propre territoire.

"Nous voulons quelque chose de similaire au Nunavut; c'est-à-dire un gouvernement qui aurait juridiction sur son territoire, ses ressources et qui aurait sa propre constitution. Pour l'instant, le fédéral emploie comme argument qu'il ne peut assumer les coûts nécessaires à l'établissement d'un tel gouvernement", ajoute le chef Lennie.

Pour un autre chef de la nation dénée du Deh Cho, Ernest Cazon, la déclaration de M. Chrétien pourrait s'expliquer.

"Avec la guerre qui se poursuit au Kosovo, je crois que le premier ministre en a beaucoup dans son assiette présentement et les questions autochtones ne font peut-être pas partie de ses priorités", a-t-il indiqué.

Toutefois, la déclaration de M. Chrétien concorde avec la vision du gouvernement territorial qui aimerait voir s'établir un système de partenariat entre des administrations autochtones régionales et une administration centrale établie à Yellowknife.

"Ce que Yellowknife entrevoit c'est un gouvernement central fonctionnel et abordable qui travaillera en partenariat avec les administrations régionales autochtones (...) Nous ne croyons pas que ce soit financièrement réaliste de créer plusieurs gouvernements parallèles à l'intérieur des Territoires", souligne une représentante du ministère des Affaires autochtones des T.N.-O., Sue Enge.

Pour sa part, un autre chef de la nation dénée du Deh Cho, Karen Thomas, considère que les négociations de son groupe semblent vouloir progresser.

"Compte tenu qu'il y a de nombreuses personnes qualifiées dans le Deh Cho qui travaillent à l'obtention d'un gouvernement autonome et que la réponse du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien est positive, je crois que nous aurons du succès", explique-t-elle.

Par contre, avant d'en arriver là, la nation dénée du Deh Cho devra se trouver un chef négociateur pour ensuite pouvoir passer à la table des négociations. "Heureusement, en tant qu'ancien chef de la Nation dénée, le premier ministre des TNO, Jim Antoine, est très ouvert et compréhensif envers les revendications des nations autochtones", conclut le chef Lennie.

 

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