

Un texte de Germaine Mestenapéo ( http://www.innu.ca
)
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Militarisation du
Nitassinan |
Germaine Maestenapeo travaille au service des
communications du comité de négociation de la nation Innu à Sept-Iles. Leur pays
traditionnel, le Nitassinan s'étend sur le nord-est du Québec et le Labrador.
Contrairement aux Inuit, même s'ils négocient depuis plus de vingt ans, les Innus ou
Montagnais, ne sont jamais parvenus à signer une entente, ni avec la province de Québec,
ni avec la province de Terre-Neuve. Germaine Maestenapeo expose ici le problème que pose
les vols à basse altitude des avions de l'OTAN sur leur territoire traditionnel. Ce texte
a d'abord été publié dans le journal Innuvelle de Sept-Iles
(http://www.ckau.com/innuvelle3/innuvelle3.htm ).
Depuis déjà presque une vingtaine d'années, les Innus du Québec
et du Labrador luttent pour sensibiliser le grand public face aux impacts qui les
dérangent et affectent les zones d'activités traditionnelles ou l'environnement en
général.
La zone disponible pour les exercices militaires au Québec et au
Labrador en tout temps est évaluée à 100,000 kilomètres carrés. Seulement 30,000
kilomètres est consacrés aux zones d'évitement et d'exclusion, c'est-à-dire éviter
les zones sensibles tels que les campements innus et les lieux de reproduction animale. Au
total, le Ministère de la Défense Nationale possède 130,000 kilomètres carrés pour
ces différents exercices militaires : faire des vols à basse altitude, afin d'effectuer
des attaques de cibles photographiques, exécuter des vols de haute et moyenne altitude
ainsi que pratiquer des attaques de combat, c'est-à-dire des attaques de surprise (des
avions militaires qui se poursuivent). Tous ces exercices militaires sont opérés d'une
façon à simuler les attaques. Actuellement les territoires les plus survolés sont les
rivières Natashquan et la Petite Mécatina.
Éventuellement, la zone sera modifiée, donc les militaires
effectueront leurs vols plutôt vers l'est et l'ouest. En automne 1997, le Ministère de
la Défense a permis que les appareils de type Harrier fassent des vols de nuit. De plus,
il faudrait s'attendre à ce que les militaires accentuent ces vols de nuit en 1998. Avec
ces futurs changements, les territoires de chasse de la communauté de Mingan et
Pakuashipi en seraient également affectés.
Quant au méga-projet de Churchill Falls, il peut influencer les
zones militaires, si les futurs réservoirs et barrages, c'est-à-dire les lieux inondés
ne sont plus utiles pour faire des exercices du Ministère de la Défense. Alors, nous
pouvons supposer logiquement que le risque est grand pour que les terrains de pratique
militaire puissent se déplacer vers le sud-est car le futur projet de barrage, selon
Hydro-Québec, sera bâti vers le Nord-Ouest des territoires de chasse innue. Non pas
seulement le Ministère de la Défense Nationale mais Hydro-Québec occuperont Nitassinan.
Depuis l'automne 1997, Mamit Innuat, Innu Nation, les Naskapis,
l'Association des Inuits du Labrador représentant aussi la Société Makivik et
l'Association des Métis du Labrador ont accepté de participer à l'Institut de
surveillance et de recherche environnementale (ISRE). Ce projet vise à établir les
impacts des vols militaires ainsi qu'à établir des fondations pour une bonne
communication entre ces intervenants.
Il s'agit d'une première vers une coopération entre les
scientifiques de l'Institut et l'intégration des connaissances traditionnelles
autochtones fournies par les Aînés et les trappeurs des communautés innus qui vivent en
bordure de la zone d'entraînement militaire de Goose-Bay.
C'est une des solutions qui est prévu pour prouver que Nutshimit
est conservé comme territoire innu. Il y a une autre solution poursuivi par Mamit Innuat:
ce sont les tables centrales de négociations comme le suggère le dernier jugement
Delgamuukw. Ces négociations territoriales et gouvernementales doivent parvenir à un
traité qui prouvera que les droits ancestraux innus existent. Avec une telle entente, les
gouvernements seront dans l'obligation d'écouter les Innus.


Une entrevue réalisée par Trevor Barnes
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Le député de
Labrador-Ouest, Randy Collins s'initie à sa nouvelle vie de député |

(Labrador City) Depuis plus de deux mois maintenant,
le nouveau député de l'Ouest du Labrador, M. Randy Collins du Nouveau parti démocrate,
se consacre à l'étude des rouages de la politique terre-neuvienne. De son bureau à
St.-Jean, Terre-Neuve, je l'ai rejoint pour parler de l'élection du 9 février, de ses
nouveaux défis et des Labradoriens. |
(TDM) Randy, parlez-nous un peu de votre histoire en politique avant
l'élection de 9 février.
(R. COLLINS) Je suis venu à Labrador City en 1972; j'ai travaillé
avec la Compagnie Minière IOC (Iron Ore Company) et à la fin des années soixante dix,
je me suis impliqué dans le mouvement ouvrier via le syndicat Les Métallurgistes unis
d'Amérique. J'ai siégé sur le conseil d'administration pendant douze à treize ans dont
six en tant que président, une position que j'ai exercée jusqu'en 1991. Par la suite,
j'ai travaillé comme représentant syndical pendant huit ans.
En 1996, j'ai présenté ma candidature pour le NPD dans l'élection
partielle; on a très bien fait, surtout à l'Ouest du Labrador et de ses environs. Compte
tenu de tout ce qui se passait à Labrador City lorsque l'on a tenu l'élection
provinciale le 9 février, j'ai décidé de tenter ma chance.
(TDM) Qu'est-ce qui vous a poussé à présenter votre candidature?
(R. Collins) Il y avait de nombreuses raisons. Je m'intéresse
depuis toujours au bien-être des Labradoriens. J'ai élevé mes enfants ici qui ont dû
depuis lors déménager à Ottawa car il y avait un manque d'emplois pour eux à Labrador
City.
La chose primordiale, je suppose, était l'expansion de l'usine de
boulettage à Sept-Iles au lieu de Labrador City. Ensuite, il y avait notre système de
santé; les infirmières faisaient la grève et le gouvernement ne leur accordait point de
reconnaissance. De plus, ceux qui doivent obtenir des soins à l'extérieur de Labrador
City sont obligés de défrayer eux-mêmes leurs frais de déplacement qui sont
exorbitants.
Par mon implication dans la communauté à travers le syndicat et
d'autres organisations, je me suis rendu compte que la population ne recevait pas la
représentation à laquelle elle s'attendait.
(TDM) Vous êtes seulement deux élus du NPD à l'Assemblée
législative, vous et votre chef, M. Jack Harris, pensez-vous que cela nuira à vos
chances de vous faire entendre?
(R. Collins) Je crois qu'avoir deux députés augmente certainement
notre représentation; c'est le double de ce que nous avions. En étant deux, nous avons
la reconnaissance parlementaire, ce qui veut dire que nous avons le temps de nous
concerter pendant la période de questions.
Je ne nous considère pas comme étant seulement deux. Quant à moi,
j'ai la majorité des résidents de l'Ouest du Labrador derrière moi et Jack a tous ceux
qui l'ont élu, donc, nous sommes beaucoup plus que deux personnes.
(TDM) Quels dossiers vont retenir votre attention au cours des
prochains mois?
(R. Collins) J'ai été dégoûté du traitement des aînés dans le
budget provincial 1999. Dire que le gouvernement libéral ne va aider que ceux dont le
revenu annuel est en-dessous de 12 000$ me semble pourri, d'autant plus que 1999 a été
désignée l'année des aînés.
Quant à l'éducation et les réformes qu'ils vont y apporter, nous
nous devons d'être sûrs que les écoles reçoivent l'argent dont elles ont besoin pour
bien fonctionner. Par ailleurs, je reçois en moyenne de 8 à 10 appels par jour des
Labradoriens exprimant divers besoins : quelqu'un qui veut voir un médecin, mais qui doit
attendre six mois, ou un travailleur blessé qui a un problème avec sa compensation de
travail.
(TDM) Avez-vous été bien accueilli par les autres partis soit le
Parti Libéral et le Parti Conservateur?
(R. Collins) Absolument, je n'ai eu aucun problème. Les
représentants des autres partis sont polis et courtois. Nous avons été élus afin de
représenter nos régions et nous voulons tous voir le meilleur se réaliser pour
Terre-Neuve et le Labrador.
(TDM) La communauté francophone à l'Ouest du Labrador n'est pas
tellement importante, on est à peu près 600. Quel rôle les francophones d'ici
peuvent-ils jouer et quelle importance, selon vous, a le français?
(R. Collins) Le français est très important pour Labrador City.
Cela amène une nouvelle dimension à notre culture et une flexibilité linguistique dont
on se réjouit. Plusieurs Labradoriens sont bilingues et le fait d'avoir une partie de
notre population francophone facilite énormément l'apprentissage du français. Ma fille
a fait l'immersion française et c'était excellent, d'ailleurs, ça lui a beaucoup aidé
à se trouver un emploi. C'est une autre culture au niveau de la langue, mais cela dit, je
ne crois pas qu'il y ait deux provinces qui aient plus en commun que Terre-Neuve et
Québec.
(TDM) Vous êtes resté à Labrador City depuis plus de 20 ans. Que
signifie pour vous un Labradorien?
(R.Collins) Quelqu'un qui a choisi de faire du Labrador sa demeure
après avoir passé les six mois nécessaires afin d'être reconnu résident, s'il vient
d'une autre province.

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