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La ministre des Travaux publics du Nunavut, Manitok Thompson à la fin du mois dernier a annoncé sa volonté de signer un bail de vingt ans avec la Compagnie Nova-Mikim Contracting Ltd pour la location despaces à bureaux nécessaires aux opérations du nouveau gouvernement du Nunavut. Évidemment que les oreilles se dressent quand il est question de la Compagnie Nova Construction, propriété de lhomme daffaires de Yellowknife Mike Mrdjenovich. Celui-ci a retenu lattention du public au moment où le gouvernement de Yellowknife avait signé un bail de dix ans, et cela à quelques mois de la division du territoire, dune valeur totale de $10M avec la compagnie Lahm Ridge Investments Ltd qui navait pu obtenir pareil bail à long terme du même gouvernement depuis 1995. Une journée après la signature de ce bail le 29 septembre 1997, Lahm Ridge Investment Ltd vendait sa propriété à la compagnie 974102 NWT, propriété de Roland Bailey et Mike Mrdjenovich. La transaction avait surpris le public, lAssemblée législative et même la Gendarmerie royale du Canada. Mrdjenovich a de nouveau fait parler de lui à lenquête Crawford sur les conflits dintérêts où certaines de ses tractations avec le leader du gouvernement Don Morin ont été jugées contraires aux règlements territoriaux sur les conflits dintérêt. Un deuxième soumissionnaire sur cet appel doffre du ministère des travaux publics du Nunavut était la Compagnie Urbco de Calgary. En juin 1998, cette compagnie avait fait lacquisition de plusieurs immeubles à revenu à Iqaluit dune valeur frisant le $40M appartenant à un groupe dhommes daffaires dont Kenn Harper dIqaluit, Jack Walker, Jim Britton et John Crichton. Jim Britton et Kenn Harper devait devenir respectivement président et vice-président de la nouvelle compagnie inscrite à la bourse de Calgary. Depuis, Urbco fait les manchettes dans la presse de Calgary pour les affaires dor que la compagnie réalise au Nunavut. Par exemple, 69 logements loués pour 20 ans au gouvernement du Nunavut dans les complexes Joamie Ridge et Crystal Ridge. Les affaires roulent si bien, quau début de juin Urbco a procédé à lacquisition des propriétés locatives de la compagnie Nova pour une valeur de $33M, tant à Yellowknife quau Nunavut, incluant la fameuse Lahm Ridge Tower. Dans un communiqué dUrbco certainement destiné beaucoup plus aux actionnaires de Calgary quau client, cest à dire la population du Nunavut, le président dUrbco, Jim Briton, sépate des conditions exceptionnelles de location des projets dIqaluit qui vont contribuer de façon significative à la trésorerie dUrbco pour les années à venir. " These Iqaluit projects with their exceptional covenants will contribute significantly to Urbco's net cash flow for many years, "a-t-il déclaré. Mais pourquoi lÉtat en est-il réduit à louer des immeubles plutôt que de se les construire? Dans le cas de certains édifices publics, comme le dispensaire dArviat, le gouvernement a fait appel à la participation de Arviat Development Corporation dans une formule de financement utilisée un peu partout au Canada et quon nomme 3P pour : public+privé=partenaires. Un plan semblable est dans lair pour construire lhôpital dIqaluit. La formule est si intéressante pour lentreprise privée que nimporte qui a tout avantage à faire partie de ce genre de partenariat avec lÉtat. Le ministre des Finances signe un contrat de service ou un bail sur une période de vingt ans avec un entrepreneur. Son contrat en main, lentrepreneur se présente à la banque, ou sur le parquet de la bourse, pour obtenir le financement nécessaire au projet. Il construit lécole, les résidences, lhôpital et la location, incluant même lentretien de lédifice, est assurée mur à mur pendant vingt ans. Au bout de vingt ans, lentrepreneur a depuis belle lurette fini de payer la banque et lédifice en question sajoute dans la colonne de ses actifs si tel étaient les termes de lentente. Cest exactement le scénario prévu pour Arviat. Pour le gouvernement, dans le cas dune location et dune entente 3P où limmeuble reste à lentrepreneur, cest inévitablement linverse. Chaque fois quil paie le loyer, cest une dépense nette et au bout de vingt ans, il se retrouve le bec à leau, condamné à un nouveau contrat de location. Ces gymnastiques contractuelles de lÉtat qui pompent largent du public dans les marges de profit de corporations privées sont une conséquence directe de la politique du déficit zéro qui obsède nos dirigeants politiques, soient-ils de droite ou de gauche. Des dépenses dimmobilisation initiales consacrées à la construction dédifices publics gonfleraient le budget de lÉtat et le forceraient à contracter des emprunts. Tandis que la location despaces immobiliers est affectée aux dépenses dopération, ce qui coûte beaucoup moins cher dans le court terme, mais tellement plus à long terme. Cette conception étriquée des finances publiques installe un nouvel état de fait où les citoyens sont progressivement dépossédés de leur avoir public. Chemin faisant, on retrouve les grandes banques qui attendent de plus en plus des garanties de lÉtat avant de passer de largent aux individus ou aux entreprises. La formule 3P et des baux de location à long terme de gouvernements leur offrent le type dhypothèque dont elles raffolent. Leur risque est minimal. Cette démission de lÉtat face au privé est dautant moins acceptable au Nord où 70 à 95% des argents des gouvernements territoriaux proviennent des poches du contribuable canadien. Il faut plutôt imaginer une société de gestion immobilière parapublique pour développer et gérer les infrastructures gouvernementales; ainsi, laccumulation des contributions fiscales des citoyens restera à la disposition du public! Comme ça nos petits enfants sinquiéteront moins pour leur retraite. La ferme sera payée et bien à eux! En prime, les surplus dopération dune telle société pourront être réinvestis dans la Santé ou lÉducation qui sont des priorités politiques criantes au Nunavut! |
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