LE TOIT DU MONDE

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Deux expéditions de résidents d’Iqaluit à la conquête des toits du monde

(Iqaluit) Trois résidents d’Iqaluit sont présentement à ficeler les derniers préparatifs de deux grandes expéditions qui se dérouleront dès le printemps prochain.

Sans doute la plus spectaculaire de ces expéditions sera celle qui emportera Gabriel Fillipi vers le sommet du mont Everest dans les Himalayas. Gabriel Fillipi travaille comme directeur de la station d’information de vol de NAV Canada à Iqaluit. À trente-neuf ans, ce Francophone québécois d’origine, maintenant installé à Iqaluit, a plus de vingt-cinq ans d’expérience derrière lui en ascension de montagnes de toutes sortes. Son plus grand exploit jusqu’ici a été l’ascension du mont Aconcagua en Argentine, haut de 6962 mètres. M. Fillipi rejoindra une expédition formée de quatre alpinistes mexicains et de deux Népalais dont le fameux Sherpa Babu Chiri. Celui-ci a lancé une levée de fond à l’occasion de cette ascension pour faire construire une école pour les jeunes de son village au Népal.

Quand l’Association des Francophones d’Iqaluit a choisi de nommer son magazine virtuel le Toit du monde, les responsables se sont rapidement aperçus que l’expression était consacrée en Europe pour désigner la région des Himalayas où on trouve les plus hautes élévations de la planète.

Or au Canada, l’expression française le Toit du monde peut aussi désigner la calotte polaire, tout comme sa traduction littérale anglaise, the top of the world. Et c’est bien de ce côté que partiront Paul Landry et Paul Crowley, le premier mars prochain sur leurs traîneaux à chiens. Paul Landry n’est pas nouveau dans le domaine du tourisme d’aventure. Sa petite compagnie, Northwinds organisent chaque année de multiples expéditions dans le Sud de la Terre de Baffin mais aussi jusqu’au Pôle nord, où s’était rendue son associée, Mathy McNair au début de 1998 à la tête d’une expédition de femmes britanniques.

Curieusement, Paul Landry et Paul Crowley sont aussi francophones et à ce titre abattront sans doute un nouveau record, celui d’une première équipe francophone à atteindre le Pôle nord. À la suite de cette expédition, Paul Landry deviendra aussi le premier Canadien à avoir atteint à la fois le Pôle nord et le Pôle magnétique. L’expédition reprendra le trajet parcouru par Peary et Hanson en 1909 et tentera de démontrer aux critiques de Peary qu’une telle expédition a été possible avec des traîneaux à chiens dans le court laps de temps où les deux américains disaient avoir réalisé l’exploit.

Paul Landry est franco-Ontarien d’origine tandis que Paul Crowley vient de la région de Montréal. Ce dernier est avocat et directeur du Conseil de développement social du Nunavut, organisme chargé de la défense de la culture inuite par l’Entente des revendications territoriales des Inuits du Nunavut. Dans ses temps libres, Paul Crowley se passionne pour les chiens de traîneaux qui l’ont déjà emporté avec sa compagne Lynn Peplinski dans des expéditions de plusieurs jours dans la région du Sud-Baffin.

Paul Landry estime à cinquante-cinq jours le temps requis pour rejoindre le Pôle nord. L’équipe restera en contact téléphonique avec le site de nordicite.com (http://www.nordicite.com) où on pourra relever leurs comptes-rendus de la progression de l’expédition.

Détail intéressant à souligner, ce ne sera pas la première fois qu’un Canadien-français rêve de conquérir le Pôle nord. En 1904, grâce au support du premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, le capitaine Joseph Elzéar Bernier de Montmagny au Québec avait armé le bateau l’Arctic pour entreprendre, cinq ans avant l’exploit de Peary, cette périlleuse expédition pour arriver le premier au pôle nord. L’équipage était engagé et le bateau chargé des provisions nécessaires quand, dans les dernières étapes des préparatifs, Bernier reçut une lettre d’Ottawa l’avisant qu’il devait changer de destination et plutôt aller installer des stations de la RCMP dans la région de Fullerton sous les ordres du Major Moodie.



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