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Un texte de Suzanne Régis

Cinq chefs innus consultent

Uashat mak Mani-utenam - Près d'une centaine de personnes ont assisté à la consultation publique concernant le projet Churchill Falls, orchestrée par les cinq chefs innus, le 26 janvier 2000 à Uashat et Mani-utenam.

Les chefs Jacques Gauthier de Matimekush-Lac-John, Rosario Pinette de Uashat mak Mani-utenam, Léo Mark de Unamenshipi, Jean-Charles Piétacho de Ekuanitshit et Marcel Lalo de Pakuashipi ont fait la tournée, en janvier, des communautés de (Matimekush-Lac-John, Unamenshipi, Ekuanitshit) afin d'informer le public sur la situation concernant le projet Churchill Falls et de recueillir leurs opinions. Cela se poursuivra, le 9 février à Pakuashipi.

Il y a eu plusieurs interrogations, préoccupations et constatations lors de la rencontre à Uashat mak Mani-utenam. Les gens ne comprennent pas toujours les actions des chefs. C'est pourquoi, les gens ont manifesté leur inquiétude en ce qui a trait à la division des leaders politiques innus entre eux (faisant référence au retrait de Nutashkuan et de Sheshatshit) face au projet. Alors que le discours des chefs proclame que l'unité fait la force.

En entrevue avec INNUVELLE, le chef Jean-Charles Piétacho a confié que cette situation était déplorable. " Nous nous disons toujours que l'on ne fait qu'un dans cette situation, car le barrage n'affectera pas seulement notre communauté, mais tout le monde. Comment cela se fait-il qu'il y ait une division entre nous alors qu'il serait préférable de travailler ensemble. Toutefois, encore aujourd'hui, nous sommes cinq chefs réunis, j'ai confiance en cette solidarité", a-t-il ajouté.

Les préoccupations des Innus ne se sont pas arrêtées là. Plusieurs se sont questionnés sur la démarche poursuivie par les leaders. Marie-Jeanne André, membre de la communauté de Uashat mak Mani-utenam a résumé l'inquiétude des gens. "Nous ne sommes pas informés sur l'évolution des négociations, nous aimerions que les informations nous soient communiquées plutôt. Vous nous consultez qu'une fois la situation critique. Si vous le faisiez plus tôt, surtout lorsque les questions sont difficiles à être tranchées à la table des négociations, peut-être que nos opinions pourraient vous être utile", a-t-elle fait savoir aux chefs.

Les gens ont été d'accord sur un point : ils ne veulent pas que leur territoire soit endommagé par des projets de barrage. Ils ont vu les conséquences des projets de ce genre. Une aînée, Clara Jourdain, a énuméré les effets produits par les barrages . "Les gouvernements nous lancent des belles paroles sur la manière d'atténuer les dommages sur le territoire. Il dit qu'il protégera les animaux. Lorsque je regarde en arrière, il y a 50 ans, j'ai vu des détournement de rivières… et beaucoup d'animaux ont disparu, le castor, le rat musqué, les poissons. Il ne faut jamais croire les gouvernements lorsqu'ils disent qu'ils n'endommageront pas le territoire… Partout où le Blanc a marché, il n'a laissé que de la pourriture", a-t-elle dénoncé.

Tiré du journal Innuvelle, Février 2000

http://www.ckau.com/innuvelle/innuvelle.html



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